Samedi matin 8h32,
Chers fidèles de la RAAM bonjour !
C'est par une aube ô combien délicieuse que j'arrive à sauter sur ma plume après une nuit blanche de conduite pour (enfin !) vous donner des nouvelles de Patrick, et dieu sait que cette journée de vendredi à samedi a été chargée en émotion. Elle avait pourtant bien mal commencée Levé à 6h30 suite à 3h de sommeil, notre champion n'a démarré qu'à 8h, perdant un temps précieux (5h30) dans quelque lenteur liée à un état d'esprit davantage tourné vers le repos que vers une envie de compétition. Ce qui, bien évidemment, a fait tourner en bourrique une équipe déjà sur le pont, rappelant sans cesse à l'intéressé que ces moments de flou artistique l'emmenaient d'une part vers des difficultés pour passer le « cut off », d'autre part vers les profondeurs du classement alors qu'il avait su se glisser jusque là dans les interstices du premier peloton Toujours est-il qu'en roulant à bonne allure, il a atteint facilement la « time station » d'Ulysses (Co) vers 12h55. Un hamburger et un café plus loin, il enfourchait à nouveau « Titi » (c'est le nom de son vélo de plaine ! Mais quel peut être le nom de celui de montagne ? Encore lui ?!!) pour s'élançait le cur léger vers Montezuma (TS 24) pendant que la première « galère » nous tombait dessus : les gyrophares de sécurité arrière sur le van suiveur ne marchaient plus alors qu'ils sont obligatoires ! C'est là bien sûr que les Etats-Unis sont étonnants puisqu'en pleine brousse du Kansas où l'on ne croise que des vaches et des cow-boys (et des vrais avec chapeau, santiags et tout et tout !), eh bien à l'angle d'une rue on rencontre un magasin d'électricité ! Jacques Martin aurait dit : « Incroyable mais vrai ! ». C'est alors que les talents de chacun s'expriment, en l'occurrence ici ceux de « Tonton » (mais oui Christian souvenez-vous !) qui, avec une cuillère, un bout de scotch et un couteau répare les feux arrières ! Magic Tonton ! Notre bonhomme, lui, sans se rendre compte de rien bien sûr (on lui évite ce genre de stress inutile ), a déjà rejoint la « time station » 24 vers 17h (avec un dodo d'une demi-heure dans le van), où il réussit l'exploit de s'y extirper en un quart d'heure.. Vous l'aurez compris, il a pris la fâcheuse habitude de perdre beaucoup trop de temps dans ces instants de « transition », mais là on était tous contents de lui. En passant quasiment entre toutes les gouttes des orages localisés (chanceux !), il parvient dans les longues lignes droites bordées des champs céréaliers à nous rattrapés au point de rendez-vous suivant, mais très fatigué et en ayant laissé filer quelques concurrents (3) dont Mister Jones (N° 196), notre papy national qui nous étonne de jour en jour ! Mais attendez la suite Les pointillés, c'est juste pour vous faire languir ! Alors voilà. Patrick était épuisé, et nous énervés de le voir perdre tout ce temps, considérant qu'il avait les moyens d'aller plus loin dans ses retranchements. Nous avons donc procédé à une séance de recadrage où chacun a pu exprimer son point de vue (mais à 6 contre 1 Estelle étant d'accord avec nous il n'a pas pu dire grand chose !), considérant surtout qu'il fallait une confiance mutuelle : nous en Patrick et lui en nous, notamment sur certaines questions de stratégie. Les choses étant dites, et le message entendu nous semblait-il, c'est un tout autre Patrick que nous avons découvert. Parti à 22h30 de Mullinsville en direction de Pratt (où il voulait initialement s'arrêter dormir), il a littéralement fondu sur la « time station » 26, avalant tout crus ses adversaires directs au passage (pauvres Misters Jones et Jurckwieski!) avec une moyenne de 18 m.p.h. ! Sans quasiment posé le pied à terre à Pratt (1h06) après 2h30 de course pour 42 miles, il a enchaîné avec l'étape suivante (53 miles) dans la nuit incroyablement calme du Kansas (sans doute n'y a-t-il eu un vent aussi nul dans cet état depuis 1923 ! Euh, c'est l'année de naissance de ma Grand-mère, coucou mamie !). Blague mise à part (mais c'est vrai pour le vent nul ), il est arrivé sans encombre à 5h50 à Mount Vermont où il a sommeillé 20 minutes avant d'avaler un petit déjeuner copieux. Ces 7h30 de « run » quasi non-stop lui ont même permis de doubler son compatriote français Velez qui le redoublera par la suite. Enfin, et pour finir cette journée sans fin, il est actuellement juste devant moi à 17 m.p.h. à quelques encablures du « Cut off », il est 10h sonnante Arrivée prévue dans 30 minutes Voilà mes amis à quoi ressemble un jour de RAAM ou une nuit d'ailleurs, on ne sait plus trop, qui je vous l'avoue, au-delà de la fatigue (je m'endors !), nous a sacrément fait vibrer aujourd'hui Allez Patrick, pédale encore, encore et encore parce que là, l'enthousiasme enchante, anime, excite les sens et nous, on adore !
Bonne ??? (Journée ou nuit ??)
À bientôt
Jérôme
Ps : Oh la la ! La fin d'étape que l'on vient de vivre, incroyable !! Mais je vous raconterai tout ça dans la prochaine, il faut que j'aille dormir ! Désolé
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