Je viens de traverser dans mon van d'assistance le pont Del Memorial dans le New Jersey (interdit aux coureurs), et m'apprête à remonter sur mon vélo pour ce qu'il semble être une promenade de santé de 80 Km jusqu'à Atlantic City, ville d'arrivée de la Race Across America 2007. Après tout, que représentent 80 km quand on vient de faire près de 4800 Km en 12 jours à travers les Etats-Unis, à rouler dans les déserts de Californie, les montagnes du Colorado, les hautes plaines du Kansas, les innombrables bosses du Midwest et les murs des Appalaches, à passer de +40ºC a +5 ºC en quelques heures, à éviter les pièges constants qu'offre la route comme les trous, les débris, les voitures et les ratons laveurs !, à ne dormir enfin que quelques heures dans les motels ou sur le bas-côté. Je me dis à ce moment-là que ces 80 Km vont n'être qu'une simple balade, « a piece of cake », que le plus dur est fait et qu'il ne peut plus rien m'arriver. Après tout, je me sens bien physiquement, il fait beau, et j'ai 3h pour les parcourir, à une moyenne donc de 26.5 km/h. Mon rêve de finir la RAAM en solo, course cycliste la plus dure au monde, est en passe de se réaliser après 3 ans d'effort. Ce que je ne sais pas encore est que le rêve va se transformer en cauchemar. Ces 80 Km vont être probablement pour moi les plus durs mentalement de toute la course. Quand à mon équipe qui est dans le van derrière moi, ils s'apprêtent à vivre les 3 heures les plus angoissantes de cette aventure.
Pour la 3ème fois (2ème fois en solo), je me retrouve sur la ligne de départ de la RAAM. Après mon abandon en 2005, et malgré une belle 2ème place en équipe de 4 l'année suivante, je sais que cette année je n'ai pas le droit à l'erreur, et que je dois tout donner pour franchir la ligne d'arrivée à Atlantic City. Mon entrainement hivernal s'est très bien passé, l'équipe de soutien est expérimentée et prête, le budget a été bouclé, et ma famille va pour la 1ère fois m'accompagner dans cette aventure. En résumé, tous les voyants sont au vert au moment de m'élancer d'Oceanside en Californie pour un périple de 4900Km à travers les USA. Cependant, la RAAM, comme l'Everest ou le Vendée Globe par exemple, fait partie de ces très rares challenges sportifs où l'issue est totalement incertaine, même pour le meilleur spécialiste au monde. Il y a tellement de paramètres différents à gérer, qu'un simple grain de sable en début d'épreuve peut devenir insurmontable au bout de quelques jours et mener à un abandon. Mais c'est ce qui fait aussi tout le charme de cette épreuve. C'est dans la difficulté qu'on voit vraiment de quoi on est fait, et la RAAM est conçue pour pousser les concurrents à leur extrême limite, et même au-delà par moment. J'en suis conscient au moment de faire les premiers mètres de la course, mais je suis prêt et j'ai confiance en mon équipe.
La 1ère journée de course se passe très bien, grâce à une météo clémente et une température dans le désert californien inférieure à 40ºC. J'ai décidé, en accord avec l'équipe, de partir vite et d'accumuler un maximum de kilomètres dès les premiers jours. La forme est là, et c'est un régal pour moi et l'équipe qui me suit de rouler dans un décor de désert et de canyons. Malgré plusieurs arrêts pour me restaurer, j'arrive à rouler 550 km le 1er jour, et ce sans aucun sommeil. Je me trouve 13ème au classement général sur 30 coureurs. Mon équipe est très contente car, contrairement à 2005 où j'avais roulé seulement 450 Km et me trouvais 24ème sur 26 au classement, cette année ils me voient « faire » la course, et pas une randonnée.
Cependant, la 1ère grosse difficulté de la course située après Congress en Arizona, appelée Yarnell grade, un col de 10 Km à 6%, pointe à l'horizon. Je décide de prendre mon 1er vrai repos avant le col car en 2005 j'avais complètement explosé dans la montée. Bien m'en a pris car je grimpe le col sans aucun problème, et je bascule aussitôt vers Prescott, AZ. Apres un 2ème arrêt sommeil en fin de nuit à Flagstaff, AZ, et après avoir roulé 375 Km pour le 2ème jour, nous nous dirigeons vers l'Utah et le fameux Monument Valley.
Comme en 2005, nous avons la chance de traverser Monument Valley de jour. C'est un paysage grandiose dont on ne se lasse jamais. Rob, le chef d'équipe et médecin, en profite même pour faire une photo d'Estelle et moi qui sera publiée début Août dans le journal « Improper Bostonian », dans l'espoir de faire connaitre mon projet. Le 3ème jour se passe sans encombre en roulant 400 Km, ce qui va nous amener au pied des rocheuses dans le Colorado, et du fameux Wolf Creek Pass, plus haut col de la course culminant à 3300 m.
13 Km de montée à 7%, voilà très simplifiée mon problème avec Wolf Creek. En 2005, j'avais mis près de 3 heures, en pleine nuit et à une allure d'escargot pour venir à bout de ce col. En 2006, à cause de problèmes respiratoires, je n'avais pas fait 1 mètre, laissant à mes coéquipiers le soin d'avaler la « bête ». Cette année, j'arrive au pied du col en fin d'après-midi ou toute l'équipe m'attend, consciente que c'est un moment important de la course pour moi. Il fait un temps splendide, et les couleurs dans le col sont magnifiques. Je demande à Estelle de m'interviewer au début de la montée, profitant du cadre grandiose et du dénivelé pas encore trop important. Tout le monde a une pêche d'enfer et m'encourage, sachant que cette fois j'ai les jambes. En effet, après seulement 1h20', j'arrive au sommet du col. Toute l'équipe est ravie, moi le premier pour avoir enfin vaincu Wolf Creek. A notre surprise, nous rencontrons au sommet Michelle Grainger, une cycliste pro qui a fini la RAAM en 1990. Elle nous donne de précieux conseils pour soigner les blessures à la selle qui commencent à apparaitre.
La suite du Colorado se passe sans trop de problèmes, en faisant attention à gérer le sommeil, l'alimentation, et surtout les problèmes de selle. Je parcours 360 Km le 4ème jour et enchaine les 2 autres grands cols de la course, La Veta Pass (2869 m) et Cuchara Pass (3046 m) sans problèmes. La descente de Cuchara en allant vers Trinidad est pour moi un moment d'émotion. En effet, c'est sur cette portion de route que Bob Breedlove, vétéran et figure de la RAAM, a trouvé la mort en 2005. C'est en grande partie à cause de cet accident que j'avais décidé d'abandonner cette même année. Un mémorial existe maintenant sur le lieu de l'accident. En 2006, je ne l'avais pas vu, mais cette année je fais attention à ne pas le manquer. Je fais toute la descente à allure modérée quand soudain, j'aperçois sur le côté de la route une croix blanche avec une inscription en rouge. Après avoir eu une pensée pour Bob, je file vers l'Est du Colorado et le prochain état à traverser, le très ennuyeux Kansas et ses hautes plaines céréalières à perte de vue.
La traversée du Kansas est en général synonyme de vent de face. Par chance, il ne souffle pas ou si peu cette année, mais la route reste terriblement monotone, absolument plate et rectiligne pendant des kilomètres, avec comme seul point de référence des silos à grain de temps en temps. Après 5 jours de course, le moral en prend un coup et il est très dur de se motiver pour rouler. En arrivant à Mullinville à la tombée de la nuit (TS#25), la colère gronde dans mon équipe. Ils sont frustrés de me voir « ramer » et perdre un temps précieux à me remettre en selle après un arrêt-sommeil. La mise au point est violente et me permet de me « réveiller ». Je roule quasiment toute la nuit qui suit, avec seulement un arrêt de 30 minutes au petit matin. En arrivant sur l'autoroute qui mène à El Dorado (TS#28), je reconnais l'endroit ou j'avais décidé d'abandonner en 2005. Voulant marquer le coup et reprendre en beauté mon histoire inachevée d'il y a 2 ans, je décide d'accélérer et de littéralement faire un contre la montre de 40 Km. Je roule à 40 km/h jusqu'à ce qu'en sortant de l'autoroute, j'aperçoive le van suiveur de Jean-Marc Velez, l'autre français de la course. A partir de ce moment-là, je donne tout ce que j'ai pour finir devant lui à la Time Station. Je le double à moins de 2 Km de l'arrivée, roulant à près de 50 Km/h. Je n'ai jamais roulé aussi vite depuis le début de la course. En arrivant à El Dorado, je suis sur un nuage car j'ai roulé 470 Km ce 6ème jour, la moitié de la course a été franchie pendant cette étape, je me retrouve à la 12ème place au général, je vais retrouver ma famille le soir même, et surtout je me sens bien physiquement. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont souvent une fin, et la mienne va être brutale.
J'en termine avec le Kansas (Yay !) en début de nuit après avoir passé Fort Scott (TS#30). C'est là que je retrouve Anne-Cécile, ma femme et Damien mon fils (Estelle me suivant depuis la Californie). L'émotion est intense, mais on n'a pas le temps de s'attarder car le chrono ne s'arrête pas. La nuit est très difficile et j'ai du mal à garder les yeux ouverts. Après un arrêt de 2 heures au petit matin, je repars traverser les bosses du Missouri. La journée se passe bien, et après avoir traversé Jefferson City et aperçu son Capitole, j'arrive en fin de soirée à Marthasville (TS#34) en pleine forme et en 13ème position. Après un bon repas, je repars avec l'espoir de bien rouler dans la nuit. Cependant, rapidement je ne me sens pas très bien, confus, mélangeant rêve et réalité. Je roule à une allure d'escargot, essayant de faire le tri dans mon cerveau embrumé. Les heures passent et ma situation s'empire. Je m'arrête 2 fois dans la nuit pour dormir dans le van, car je sais que seul le sommeil peut me faire passer cette confusion. Malheureusement, la dette de sommeil est trop importante, et à 30 Km de Greenville (TS#36), je m'écroule sur le bord de la route, incapable d'aller plus loin. Heureusement, Rob, le médecin de l'équipe prévenu par téléphone, arrive en catastrophe, et me pose sur le champ une perfusion d'eau salée. Vingt minutes après, je repars péniblement vers Greenville où une chambre de motel m'attend pour 3 longues heures de sommeil. Quand je repars, je me sens beaucoup mieux et cette sensation de vivre un cauchemar éveillé est oublié (pour un temps !). Cependant, j'ai perdu 5 heures dans l'histoire, et aussi le contact avec mes petits camarades de course. Je me retrouve en queue de peloton, mais j'ai été tellement près de l'abandon que je relativise ma place au classement.
Le jour suivant, je traverse la fin du Missouri, l'Illinois, et arrive dans l'Indiana en ayant effectué 450 Km, bien mieux que les 340 Km de la veille. A Indianapolis, j'ai la satisfaction de passer le dernier cut-off avec 6h d'avance. Il ne reste plus maintenant que 1300 Km à faire, après en avoir effectué près de 3600 Km. A moins d'une catastrophe, et malgré les montagnes des Appalaches à traverser, je me sens relativement bien et confiant quant à mes chances de finir la course dans les temps. Malheureusement, rien n'est jamais acquis dans une course aussi longue et éprouvante comme la RAAM, je vais bientôt l'apprendre à mes dépens.
Je repars d'Indianapolis après un repos de 3 heures et roule fort jusqu'au moment ou j'arrive dans l'Ohio. De relativement plat, la route devient cassante avec une succession de bosses qui usent terriblement les jambes. Je commence à me plaindre d'une douleur à la cuisse gauche. Au fil des heures et des kilomètres, malgré les soins de Deb notre kiné, la douleur empire et c'est avec angoisse que j'arrive à Parkersburg, en Virginie (TS#46). Il ne reste plus que 800 Km avant Atlantic City, mais il y a maintenant les Appalaches à traverser. Au contraire des Rocheuses, les Appalaches sont des cols successifs courts mais très pentu, et avec une seule jambe valide, la tâche risque d'être très compliquée. Je traverse péniblement la Virginie, en m'arrêtant plusieurs fois pour « limiter la casse », et toute l'équipe se rejoint sur le parking d'un centre commercial de La Vale, Time Station #50 dans le Maryland, au pied de la plus dure des étapes, avec pas moins de 4 cols à passer, afin de faire une mise au point.
Contre l'avis d'une partie de l'équipe qui avait peur de mes réactions, Rob, le chef d'équipe, m'apprend qu'à la vitesse où je roule depuis les 12 dernières heures (11 Km/h), je n'arriverais pas à Atlantic City, distant de 500 Km, avant samedi midi. Cela veut dire que je serais hors délai donc non classé, mais aussi que ca va poser un problème à 2 membres de notre équipe qui doivent reprendre l'avion de Boston pour la France samedi soir. Je repars de La Vale en réfléchissant à ce que Rob vient de me dire. Et j'arrive à la conclusion que je n'ai qu'un seul choix : aller tout simplement le plus vite possible, malgré une seule jambe en état de « fonctionner », puisque la jambe gauche est inutilisable, du moins en montagne. Soit la jambe droite tient dans les cols qui suivent, et j'ai une chance d'arriver dans les délais à Atlantic City, c'est-à-dire avant vendredi soir, soit elle ne tient pas et à ce moment-là, il ne me restera plus qu'à abandonner et on sera tous à Atlantic City jeudi soir.
Quand j'arrive au pied du 1er col, j'ai trouvé un bon rythme, mais j'appréhende cette 1ère montée. Je gravis la pente en zigzag pour économiser ma jambe droite, tellement le pourcentage est élevé. Je suis persuadé que la jambe ne va pas tenir, mais aidé par les constants encouragements de toute l'équipe et malgré la pluie qui s'est invitée, lentement je franchis le sommet et bascule de l'autre côté. Cela me redonne confiance, et contre toute attente, j'arrive patiemment à franchir les autres cols de cette étape. Finalement, il me reste une chance de terminer la RAAM dans les délais, et je continue à rouler toute la nuit sans dormir pour arriver au petit matin en Pennsylvanie, au pays des Amish, ou épuisé je m'octroie un repos de 10 minutes sur le bord de la route. Il ne reste plus que 180 Km à parcourir en 6h, soit à une moyenne de 30 Km/h. Pas évident, mais le vent se met de la partie et me pousse dans la bonne direction. Je parcours les 100 Km suivant à une moyenne de 31.5 Km/h, et j'arrive au pont Del Memorial dans le New Jersey que je franchis à l'intérieur du van, le pont étant interdit aux vélos.
Les 80 derniers kilomètres sont complètement plats, les conditions météos sont parfaites, et j'ai 3h pour les faire, à une moyenne de 26.5 Km/h. Tout semble de mon côté pour finir la RAAM en beauté. Et je me lance dans cette dernière ligne droite confiant et heureux d'en terminer, avec le soutien de mon incroyable équipe. Malheureusement, comme dans le Missouri, après quelques kilomètres mon esprit devient très vite confus, probablement par le manque de sommeil des dernières 24 heures et le stress accumulé. Je n'arrive pas à avoir les idées claires, et je suis incapable de réaliser ce qui se passe. Cela arrive au pire moment car le temps nous est vraiment compté et qu'il est hors de question de s'arrêter. A un moment, je tourne à droite sans raison, alors qu'il fallait continuer tout droit. L'équipe qui me suit dans le van m'arrête et me demande pourquoi j'ai tourné. Je n'en avais aucune idée. Un peu plus tard, j'aperçois un restaurant Mac Donald, et je vais droit dessus, sachant que la dernière Time Station est un restaurant de cette enseigne. Je m'arrête dans le parking et mon équipe vient vers moi en me disant que malheureusement ce n'est pas le bon. Pendant une bonne partie de ces 80 km, je n'arrêtais pas de leur dire, grâce au talkie-walkie, que je tournais en rond, qu'on était déjà passé par là. Ils avaient du mal à me convaincre qu'on était dans la bonne direction. Heureusement, malgré mon incohérence totale et les arrêts nombreux, j'étais encore capable de rouler à bonne allure. Finalement, après 2h49' de stress intense pour mon équipe, et de confusion extrême pour moi, nous sommes arrivés sur la rampe d'accès à l'autoroute qui mène à Atlantic City, lieu officiel de la ligne d'arrivée de la Race Across AMerica 2007.
Le soulagement à cet instant est intense pour tout le monde mais contenu, car le stress de ce dernier jour était vraiment très important, et nous ne réalisons pas encore que c'est fini, qu'on a réussi notre pari. Il faudra attendre le banquet final quelques heures après, avec l'annonce des résultats par les officiels de la course, et la photo de l'équipe au grand complet derrière la banderole indiquant mon temps, pour vraiment réaliser ce qu'on vient de faire. Mon temps officiel sera donc de 12 jours 05 heures et 34' pour parcourir les 4900 km d'Oceanside en Californie à Atlantic City dans le New Jersey.
Même si j'étais seul à pédaler, jamais je n'aurais pu aller au bout de ce rêve sans le dévouement de mon équipe. J'aimerais ici remercier du fond du cœur Rob, Jérôme, Hervé, Deb, Thierry, Fred, Christian, Sylvie, Anne-Cécile, Estelle et Damien. Ceux qui m'ont donné les moyens financiers pour mener à bien cette aventure doivent aussi trouver ici la reconnaissance qui leur est due : Axel Johnson, ISAC, Treestar, Coherent, Becton-Dickinson, Cytek, Wheelworks, Avis et le Consulat de France a Boston. De même, ce fût un réel honneur de collecter des fonds en leurs noms, puisse Partners In Health et Nashoba Learning Group trouver les moyens de leurs ambitions. Je remercie également John McClellan, que je considère comme mon frère américain, pour tout ce qu'il a fait pour moi durant ces 3 années. Enfin, rien n'aurait été possible sans le soutien de ma famille, merci à vous 3, Anne-Cécile, Estelle et Damien.
Finalement, un grand merci à vous tous qui m'avaient soutenu tout au long de ces 3 années, et qui a eu le courage de lire ce résumé jusqu'au bout. Mais ne partez pas trop vite, car la prochaine aventure pointe déjà le bout de son nez ! L'année prochaine sera l'année ou je participerai au triathlon Ironman d'Arizona en Avril, afin d'essayer de me qualifier pour le Championnat du Monde Ironman d'Hawaii en Octobre. Et la RAAM en solo est prévu de nouveau en 2009 !!!
A très bientôt,
Patrick
http://www.patrickautissier.org/
Ps : les photos sont postées sur le site, et vous trouverez ici un résumé en chiffres de ma course.
Pps : La collecte de fonds pour Partners In Health et Nashoba Learning Group se terminera au 31 Décembre 2007. Il est encore temps de donner.
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